Récits

Le vendredi 28 mars 2008

Fuite

Aurys de Nor Laedro

Les chiens hurlaient.

 

Elle avait beau courir, courir de toutes ses maigres forces, son esprit se focalisait sur cette étrange absurdité.

Les chiens hurlaient.

Comment pouvait-on hurler quand la moitié des organes nécessaires avait disparu ? Comment pouvait-on hurler, quand on était mort ?

Elle dérapa sur la mousse spongieuse. Un choc, un autre, et la chute dans une flaque d'eau croupie. Les yeux vides d'un daim verdâtre la dévisagèrent un instant avant de disparaître dans la nuit qui l'environnait.

Elle ne s'autorisa pas un instant de répit. Alourdie par ses haillons gorgés d'eau, elle avança tant bien que mal, ses pieds nus laissant un sillon sanglant sur le sol humide de la forêt. Elle grelottait. Mais les chiens hurlaient toujours.

Elle se remit à courir, dans une fuite éperdue le plus loin possible de l'horreur qui présidait à chacun de ses jours, depuis que le sans-visage avait reçu l'ordre de l'amener jusqu'aux salles interdites où il jouait avec la création. Les aiguilles qui la perforaient nuit et jour, le liquide saumâtre dans lequel on la baignait, les litanies impies qui s'élevaient des salles voisines, tout concourait à balayer sa raison. Peut-être l'avait-elle même déjà perdue.

Elle dérapa à nouveau. Un trou qu'elle n'avait pas vu, une faille dans le sol déchiré de ce qui avait été son pays. La chute fut plus longue que la précédente, et elle hurla quand elle rencontra la roche. Il lui fallut quelques instants pour se relever. Un rire dément la prit quand elle vit l'angle absurde qu'avait pris son bras, et elle prit quelques instants pour pleurer.

L'attaque des limons la dérouta. La faille en était pleine, mais elle n'en avait rien décelé. La douleur, le froid, la nuit avaient détourné son regard, mais les écoeurantes créatures qui l'entouraient ne s'étaient pas montrées si aveugles. Une proie bien vivante leur était offerte par leur dieu grotesque.

Elle ne put s'expliquer comment elle parvint à remonter la paroi à l'aide de son seul bras valide. Sa survie était devenue sa seule obsession. Vivre. Avancer. Remonter. Plus que son corps éreinté, c'est son esprit qui la hissa tout en haut du trou, qui la tira de la fange des limons.

Là-haut, les chiens l'attendaient.

Elle cria quand les mains glacées des veneurs s'abattirent sur elle, leurs bêtes rendues folles par l'odeur du sang. Son esprit flancha en sentant les gestes malhabiles des créatures la hisser prudemment, presque doucement, sur une monture qui puait la chair morte.

 

Sous la lune blafarde, la sombre troupe prit lentement le chemin du retour.

Signé, Aurys

Le jeudi 13 mars 2008

Le Trésorier

D'aucuns s'interrogent sur mon amour de l'argent....Eh bien pour satisfaire votre soif de connaissance, je vais donc vous compter l'histoire de ma prime jeunesse Elfique.
Il est de coutume chez nous autres ,Elfes de suspendre au dessus du berceau des nourrissons, des menus objets précieux afin de leurs souhaiter prospérité. Des proches de ma famille eurent la joyeuse idée de suspendre comme bénédiction quelques pièces d'or. La couleur des yeux chez nous se détermine tardivement, car comme tous le monde le sait les petits elfes naissent tous avec les yeux d'une seule teinte, noir. Elle se détermine généralement vers l'époque ou l'enfant est en âge de marcher et où, ses yeux découvrant le monde, prennent les même nuances que l'environnement extérieur. Vert pour la fôret, rouge pour l'automne, et bleu pour l'océan. Or chez moi, il semblerait que ce phénomène se soit manifesté très tôt. Les rayons du soleil furent certainement la cause de tout ceci. Eclairant mon couffin, les rayons durent frapper les pièce de métal, projetant sur ma figure le miroitement dorée de leurs surface, et colorant ainsi mes yeux de ce halo orifère. Quelques jours plus tard mes parents eurent la surprise de voir que les pièces disparurent. Croyant a quelque plaisanterie, il les remplacèrent plusieurs jours durant, mais elle disparaissaient systèmatiquement. Malgré leur vigilance ils ne parvenaient pas a apréhender le chapardeur qui venait dérober les pièces. Jusqu'au jour ou ma chère môman, découvrit en changeant les langes de mon berceau un bourse artisanalement confectionnée a l'aide de ma taie d'oreiller et remplie de toute les pièces disparues. Malgré tout ses efforts elle ne parvint jamais a m'éloigner de la vue de ma première fortune usurp..euh ..collectée.
Voyant un gout certains pour les chiffres et la gestion mes chers géniteurs, désolés de voir un penchant certain pour l'usure se dévelloper depuis ma plus tendre enfance;je controlais déjà le trafic de friandises a l'école;se resolurent donc a m'envoyer dans le meilleur établissement de tutorat économique du pays.
j'en sortis avec le tableau d'honneur après seulement un an et demi d'apprentissage suite a un malencontreux redressement fiscal que je dressai au directeur de cette noble institution, qui fut condamné pour détournement de financement sur les fournitures scolaires. le personnel m'a parut arborer des mines bien soulagées alors qu'il me disaient adieur-aurevoir-a-jamais-on-espère sur le perron du manoir. De toute façon je n'ai pas oublié avec moi la trentaine de reconnaisances de dettes au nom de mes camarades et autres professeurs.
ainsi donc je m'élançais depart le vaste,et riche monde ( oui riche le monde mmmmh). Remarquant que la force et l'habileté des armes et un atout dans les négociation contractuelle. Un couteau sous ta gorge vaut mieux que deux sous la mienne, je me mit donc a pratiquer l'art des armes, mettant en sommeil pour un temps mon penchant Chrysophilaire.

Signé, Tellxeios