Livre des souvenirs

Le mardi 13 novembre 2012

Livre des Souvenirs, Tome V

C'est aux portes de l'Hiver que c'était tenu un évènement fort pour l'Ost Pourpre, dans son intégralité. En effet, sous l'égide du conseil des officiers, une réunion extraordinaire avait été instaurée, et la totalité des effectifs de l'ordre y était conviée. C'est donc parfois en armures rutilantes, robes d'apparats mais toujours selon un chic certain ou du moins, une tentative pour être présentable que les membres de la Cloche avaient répondus présents. Pages, écuyers et chevaliers laissaient planer un silence de cathédrale, empli d'une déférence solennelle tandis que le début de la réunion était sonnée par le particulier tintement de la clochette.

Une courte note est grifonnée sous la seconde de couverture :

"Et bien ! Si je pensais que mes écrits auraient fait l'objet de tant d'attention, au point que l'on me charge personnellement d'assurer l'immortalisation des évènements et le rapport officiel de la réunion !"

Rapport officiel sur la tenue des évènement du mercredi 24 octobre :
Sur le sujet de la réunion extraordinaire ayant animée l'ordre durant ladite soirée.
Ce rapport (photographique) sera un condensé visuel des annonces et promotions faites durant la réunion de l'ordre.

Évènements à noter :

-Dame Lahidi est promu Sénéchal de l'Ost Pourpre.

-Le page Kothran Merath est promu au rang d'écuyer.
-Le page Frérindis est promue au rang d'écuyère.
-Le page Paullariand Dourantée est promu au rang d'écuyer, ainsi que secrétaire du Sénéchal.
-Le page Ragthar Martel-de-Givre est promu au rang d'écuyer.
-Le page Kibby Tourneboulon est promu au rang d'écuyer.
-Le page Bouchkour est promu au rang d'écuyer.

-Suppression de l'ordre des Scaritis :
Dame Cocanine, Dame Galadra et Dame Arnoluin deviennent chevalier de l'Ost Pourpre.

-Suppression du rang de Héraut;
Sir Yus devient chevalier de l'ordre de l'Ost Pourpre.

-Adoubement de sir Demes, devenant par la présente chevalier de l'Ost Pourpre.
-Adoubement de sir Grimdor, devenant par la présente chevalier de l'Ost Pourpre.

Discours du Chambellan de Sangre et de la Connétable de Nor Laedro sur les réformes affectant la nouvelle organisation de l'ordre de l'Ost Pourpre.

-Formation des trois nouvelles compagnies de l'ordre de l'Ost Poupre.

-Sir Demes est promu lieutenant d'une des trois compagnies de l'Ost Pourpre.
-Sir de Darrow est promu lieutenant d'une des trois compagnies de l'Ost Pourpre.
-Sir Verminaard est promu lieutenant d'une des trois compagnies de l'Ost Pourpre.

Signé, Ragthar

Le mardi 13 novembre 2012

Livre des Souvenirs, tome IV

L'arrivée de l'automne marque un changement majeur dans l'année. Les feuilles jaunissent amoureusement avant de choîr, se décomposant en un cycle irrémédiable qui ne manquera pas de reprendre l'année suivante. Les arbres s'attristents en perdant leurs ramures, cependant que leurs troncs, si fait que leur nudité est exposé, semble plus tortueux, plus noueux. Alors que les jours raccourcissent, les ombres s'allongent et les nuits se font d'encre. Les nuages plus denses pleurent sur les régions, du Nord comme du Sud. Les bois se font lugubres, les ruelles glauques. Un cadre idéal pour les gredins, malfrats et sorciers.

Mais l'arrivé de l'automne marque surtout l'approche d'un évènement incontournable, qui selon un doucereux paradoxe, vient jouer sur cette frayeur latente pour offrir un divertissement par tous reconnu, le temps de festivités dansantes et sucrées, où la terreur est mise à l'honneur.

C'est en ce contexte horripilant qu'un nouveau livre des souvenirs vint s'ajouter, oeuvre de votre serviteur Ragthar. Une soirée lugubre, un endroit sinistre, un cadre sombre et morbide... Une soirée où incompréhension, machiavélisme mais tout de même humour ont été au rendez-vous, et qui fera l'objet de ce quatrième tome des livres des souvenirs. Attrapez un bon café, allumez vous un feu et installez vous confortablement pour découvrir les épouvantes de cette soirée de l'horreur... Et des friandises !

Sans plus attendre, tremblez devant :

Face à l'adversité, il est d'usage de se serrer les coudes. Un adage qui fut alors suivi à la lettre par la Cloche, qui le temps de cette soirée, organisée par un certain Capitaine et un certain bûcheron, fut alors accompagnée dans ses péripéties de la Confrérie Hordeux Contrôle, et de ressortissants des Aigles de Wildhammer, que nous saluons bien bas.

Si Azeroth toute entière sombre dans l'obscurité la plus totale les soirs de Sansaint, il est une région où cette réalité semble tenir sa concrétisation. Et cette région ne saurait être autre que les fameux bois de la Pénombre, qui en cette saison, porte fichtrement bien leur nom ! J'ai grandi dans les cimes enneigées de Khaz'Modan. La rare végétation qui m'accompagnait alors n'était que celles des conifères. Et je dois avouer qu'ils me manquèrent alors bien assez, alors que me mouvant sur les sentiers incertains conduisant à une bâtisse en ruine, choisie pour la soirée, des dizaines d'yeux luisants me suivaient sans vaciller. Parfois, j'aurais même juré avoir aperçu un sourire les accompagner. Je me pressais alors, la peur au ventre chemin faisant, pour enfin découvrir le lieu dit. Là, ébahi, j'observais le légendaire Chauve-sourie elfe ! La lune dans le dos, projetant son ombre majestueuse en contrebas, il semblait ressurgir du passé, à l'époque où il veillait sur le bourg de Gauth'Hamm.

Mais que serait un héros sans son fidèle second ? C'est ainsi que j'observais l'incontournable Robinet ! Partagé entre la joie d'apercevoir de telles figures, et l'inquiétude que m'imposait la raison de leur présence... Je pût bien vite remarquer l'infâme Juck le Citrouilleur ! Il était connu pour avoir été l'instigateur du soulèvement de plusieurs potagers. Dernier méfait en date : la révolution du jardin agricole de Hurlevent, où il parvint à soulever une armée de courgettes et de potirons. Bien entendu, les rumeurs faisant mention de la possibilité que ce monstre de légume soit en fait moi-même est parfaitement infondée. Certes, il m'est similaire en taille et en corpulence. Mais lui, c'est une citrouille.

Bien vite, nous fûmes alors rejoint par Poison-grimpant, némésis des deux comparses Chauve-Souris elfe et Robinet ! Laquelle tenta de les faire descendre de leur perchoir par ses charmes. Mais bien crédule celui qui pensait le duo si faible d'esprit ! Ils restèrent en sécurité, alors que des invités parmi les plus machiavéliques nous rejoignirent. Kel'Thuzad, un -ou une ?- arakoa, un sorcier troll et une nécromante. L'on reçu même la compagnie d'un génie des déserts ! Aucun doute, les plus grands esprits du mal se réunissait se soir. Azeroth avait légitimement matière à trembler.

Mais tout ce vilain petit monde s'agaçait de plus en plus de ne point perpétrer vils complots, de ne plus échafauder infâme manigances et diaboliques plans ! Une espèce de trêve sembla alors s'installer entre les représentants de la malveillance et le duo de héros, qui leur proposa de se divertir le temps de cette soirée, offrant à Azeroth un soir de répit supplémentaire par la même occasion.

Ils conduisirent les génies du crime à l'intérieur de la bâtisse, où il fallu alors faire preuve d'un sang-froid prodigieux pour maintenir les monstres en de cordiales relations, alors que les squelettes se relevaient d'un côté, que les morts-vivants déambulaient d'un autre et que les citrouilles s'impatientaient de l'autre. Un bien piètre défi pour le duo qui bien vite les mena en fasse d'une porte pour le moins extravagante. De l'énergie inconnue y crépitait, tandis que les plus présomptueux postulèrent un portail vers le néant distordu. D'autres encore imaginèrent d'improbables traquenards tandis que la plupart demeurèrent muets. C'est alors que, contre tout attente, une farandole de lumières, de vapeurs et de fumées, parfois rouges, parfois noires, fusèrent et fustigèrent alentours ! Balayant une assemblée bien trop habituée à ce genre de spectacle pour en être surprise mais trop amoureuse des rites diaboliques pour ne pas s'y intéresser, les vapeurs prirent bien vite forme en se matérialisant sous des formes humanoïdes ! Le légendaire adjoint de la Garnison de l'Ost Pourpre fit son apparition, cul-nu ! Après inspection de sa moustache, et en écoutant ses dires, plus aucune contestation n'était possible. Il s'agissait bel et bien du soldat montant la garde devant la garnison, inflexible. Le pauvre était bien sous l'emprise d'une zizanie sans précédent. Beaucoup pensèrent à le passer par le fil de l'épée, simplement pour s'amuser. Que voulez-vous ? Lorsque l'on est un génie du mal, on a des divertissements exotiques.

Par la suite, c'est un duo de gnome qui nous parvint. A contrario du moustachu de tantôt, ils semblèrent bien peu étonnés de leur arrivée impromptue. A l'inverse, ils semblaient plutôt rassurés, comme si leur présence ici n'était que l'enchainement logique d'une succession progressive d'évènements dont le cheminement était porté à les conduire précisément en ce lieu, à ce moment déterminé. Ils enchainèrent par d'horripilants débats sur la physique quantique et le mouvement mécanique de particules au sein d'un référentiel particulier. Et bien que la plupart des esprits -pourtant parmi les plus brillants- semblaient perdus au milieu du torrent de leurs divagations, les gnomes ne semblèrent pas spécialement enclins à partir.

Mais même le plus scientifique des esprits et le plus curieux des personnages doit se montrer raisonnable. Surtout lorsque qu'une liche se dirige vers lui, yeux luisants et chaines flottantes dans une aura de givre. Ils disparurent à la vitesse de la lumière (dont ils avaient d'ailleurs expliqué le fonctionnement durant leur débat), pour ne laisser qu'une fumée latente se prélasser au sol.

Et si nous étions alors pour la plupart remontés plus que de raisons (c'est bien connu, les méchants haïssent le monde entier), le pire restait à venir ! Une horrible nouvelle, une effroyable annonce que même les plus monstrueux personnages de la réunion ne purent souffrir : le marchand de bonbon avait disparu.

Impossible de laisser passer un tel coup ! Hey ! C'était nous, les vilains ici ! C'est à nous qu'il appartient de faire les sales coups ! Où va le monde si on commence à nous voler ce que l'on fait de mieux ! Fourbissant faux, dépliant sombres grimoires, soulevant massifs fléaux et emportant soldats-légumes, les méchants étaient décidément bien décidés à en découdre avec le petit malin qui avait voulu leur jouer un tour. Et ils escomptaient bien lui montrer qu'à la tradition "Un bonbon ou une farce ?", il convenait de donner un bonbon aux méchants, et pas de leur jouer une farce.

Traversants les cimetières, dont les nécromants et mages noirs profitèrent pour gonfler nos rangs, tandis que Chauve-Souris elfe et Robinet, si remontés qu'ils en oublièrent leur rôle de gentils, rejoignirent la procession expiatoire des vilains de la soirée, l'attroupement de marcher avec conviction en remontant une piste d'emballages machonnés, lesquels finirent par les conduire à l'entrée d'une obscure crypte qui en aurait angoissé plus d'un, mais qui nous était à nos yeux ce qu'est la plus chaleureuse taverne aux yeux des héros.

C'est donc le rictus aux lèvres que nous nous engouffrèrent dans les sombres et putrides caveaux d'un reliquaire oublié, dont les portes avaient été outrageusement éventrées dans la fuite de notre voleur et sa piste de friandises. Certains remontent les arc-en-ciel dans le but de trouver un chaudron rempli d'or à ne plus savoir qu'en faire. Nous ? Et bien, nous remontions un chemin de papier dans une crypte remplie de goules décérébrées -qui à défaut d'être assez intelligente pour rejoindre nos rangs, furent joyeusement massacrées- afin de trouver un bac de friandises -et un bon bourre-pif au voleur-. Après avoir bravé un ossuaire dont la taille supposait des dizaines de générations de morts, et après avoir lutté contre les ténèbres et les lianes d'un tunnel envahis par les racines des arbres, sis au-dessus de nos têtes, nous débouchions alors dans une espèce de laboratoire. D'horribles produits trônaient sur les tables d'expérimentation, dont certains de nos experts empoisonneurs prirent soin d'emporter quelques échantillons. L'on entendit même deux protagonistes tenir une discussion à propos de ce qu'ils feraient ce soir, avant de conclure qu'ils tenteraient comme chaque soir de conquérir le monde.

Mais qui ne partageait pas ce but, parmi nous ?

L'infâme détrousseur finit par se faire attraper. Inutile de vous détailler le sale quart d'heure que le bougre passa alors. C'est donc forts de nos confiseries que nous regagnâmes la bâtisse du début de soirée où nous pûmes alors reprendre le cours des festivités dans la plus malsaine des ambiances et la plus horrible des convivialité.

Et afin de redonner le ton, c'est l'arakoa qui s'élança devant ses confrères, pour révéler son identité ! Il s'agissait en fait d'un célèbre esclavagiste de son peuple, qui avait l'occasion de fournir les plus grands criminels et méchants de l'histoire en sbires et acolytes ! Il avait en outre commercé avec le Joe-quet, Rivière -un commerçant douteux-, et selon des dires plus qu'osés, avec Flinson Steelwood -dès qu'il est question de vilénie, son nom ressort, à celui-là !-

Il y en avait pour tout type de méchants ! Des gnolls pour vos sombres bois ? Des gobelins pour vos donjons ? Une tribu de furbolgs pour vos collines ? Et avec ça, vous prendrez bien une meute de loups enragés pour vos steppes ? Comment, un supplément de gorilles -et de tonneaux- ? Un ogre pour vos caves ou vos antres ? Et pourquoi pas une salamandre pour votre volcan ? Beaucoup trouvèrent leur bonheur et je peux vous parier que, avec la qualité des marchandises avec laquelle ils repartirent, beaucoup d'aventuriers s'en mordraient les doigts en s'essayant à braver leurs repaires !

Alors que les heureux propriétaires regagnaient les rangs en compagnie de leurs nouvelles monstruosités, et que l'arakoa repartit avec probablement assez de pécule pour se payer un château hanté dans les plus désolés landes des hautes-terres, les derniers réjouissements furent sonnés ! C'était l'heure du concours du plus beau méchant de la soirée ! Oh, inutile de préciser que le concept même élança directement de vives protestations, chacun se considérant comme le plus séduisant vilain qu'Azeroth ait eut l'honneur de porter. Néanmoins, nous étions tous plus arrogants les uns que les autres, et plus encore avions-nous tous l'esprit de compétition. Et entre experts de la mode et du goût, nous étions assurés d'un public professionnel.

Beaucoup défendirent ardemment leurs tenues de super-vilains. Et à vrai dire, la plupart avait de quoi faire trembler le plus vaillant des champions de la Lumière. Que ce soit ce barbare et ses colliers de dents, dont certains étaient probablement humaines, ce sectateur et ses différents "outils de travail" ou encore ce "nain-bête" -dont certaines mauvaises langues le comparèrent à un chevalier de l'Ost Pourpre de l'époque- et ses énormes griffes, tous méritaient le premier prix.

La lutte fut vive ! Et c'est finalement entre le maitre-confiseur et Chauve-souris Elfe que la finale se joua ! Malheureusement pour le héros, et pour le plus grand plaisir des méchants, c'est le confiseur qui l'emporta. Il est probable que les péripéties de la nuit, l'amour pour les friandises et la haine pour les gentils héros et défenseurs du peuple par l'assemblée jouèrent un rôle dans le partage des voix finales.

Alors que la fin de soirée furent sonnés, et juste avant que les méchants ne profitent de la cessation de la trêve pour se lancer sur Chauve-souris elfe et son comparse de Robinet, ces derniers prirent la pose avant de disparaitre comme ils nous avaient habituer à le faire... Non sans avoir au préalable monté le plus vil complot que cette terre ait connu -ce sur quoi tous les méchants de la soirée s'accordèrent- : la retour du TCHOU.

Vous vous demandez sans doute comment moi, alors simple écuyer de l'Ost et donc ennemi de ces monstres ait pût m'introduire à leur petite fête ? Vous trouvez peut-être trop douteuse la coïncidence avec mon absence et la présence de Juck ? Et bien non ! Je nie et renie ! J'ai simplement sût faire preuve d'une discrétion légendaire et suivre la troupe durant la soirée !

A fortiori, toute ressemblance entre un des supers-vilains ci-dessus et un membre de l'Ost Pourpre, des Aigles de Wildhammer ou de la Confrérie Hordeux Contrôle est purement fortuite.

Signé, Ragthar

Le lundi 24 septembre 2012

Livre des souvenirs, tome III

Qui dit martial dit manoeuvres. Et qui connote manoeuvres sous-entend certainement entrainement. Au même titre que les plus grands bardes de ce monde -tel que le très connu Solÿn de Malarme- ne conçoivent pas de monter sur scène sans avoir répéter au préalable, il serait impensable de ne point disposer d'entrainements militaires au sein d'un ordre tel que celui de l'Ost Pourpre.

J'eus été convié par ailleurs à l'un de ces exercices, alors que je ne portais pas encore la cloche. Et afin de rendre honneur à mes hôtes, je m'armais de cet engin gnome pouvant graver sur papier quelques représentations de la réalité, afin d'immortaliser l'évènement. Et je dois par avance vous avouer que j'étais alors bien aise que l'appareil en soit fut à l'épreuve des chocs et de l'eau, l'entrainement s'étant avéré un brin plus mouvementé que je ne l'escomptais.

Sans plus attendre, voici le :

Brandissez les armes, arborez fièrement les couleurs et profitez de ce nouvel opus des Livres des souvenirs,

Cordialement, Ragthar Martel-de-Givre.

 

Je n'étais à l'époque qu'un simple postulant auprès de la cloche. Je quittais alors ce tantôt mes fonctions de dirigeant politique d'un ordre que je présidais avec le concours de mon frère, et qui était tombé dans l'oubli, pour entamer une candidature au sein de l'Ost. Feu le lieutenant Verminaard eut alors la cordialité de me convier à l'un de leurs entrainements. M'équipant un brin, je me dirigeais alors dès l'aube en direction de la forteresse Pourpre. La brise était chantante, et la température clémente. Je décidai donc de m'y rendre à pieds. Cela aurait au moins le loisir de m'échauffer. L'aube pointait le bout de son nez, illuminant les cimes qui me surplombaient allègrement tandis que mes bottines de plates claquaient, que mon pourpoint de maille cliquetait et que la ferraille de mes armes résonnait alentour, réveillant quelques minutes trop tôt une faune encore embrumée par une nuit probablement trop confortable pour être si outrageusement écourtée.

Ce n'est qu'au bout d'une marche plus longue que prévue que je parvins à l'orée de la Marche de l'Ouest, faisant halte cependant à la lisière de la Forêt d'Elwynn. Aucun brouillard, aucune brume ne gâchait cette matinée pleine d'une chaleur extravagante pour la saison, alors que sur la rosée scintillait les reflets irisés d'un Soleil commençant déjà à prendre sa place. M'armant plus de mon courage que de mon marteau, je me dirigeai vers le bastion quand j'aperçus alors quelques têtes connues parmi les rangs parfaitement alignés des soldats de la cloche. Tous étaient en armes et attendaient de pieds fermes le début des manoeuvres.

Je me rendis en compagnie de certaines connaissance avec qui je pris le temps d'échanger les dernières nouvelles. Dispensant alors de ci de là mes connaissances en matière d'histoire, je me surpris d'un jeune page, probablement fraichement enrôlé, qui s'intéressa grandement à la matière que j'enseignais et continue d'enseigner au moment où je trace ces mots : la culture Vrykule. Il faut dire que bien peu de personnes n'entendait à cette honorable coutume, que moins encore considéraient comme une civilisation. J'appréciais donc cet échange, me félicitant de constater que les générations futures n'étaient pas perdues, alors que les cloches retentirent, et que les trompettes sonnèrent le rassemblement.

 

Quelle surprise ne fut pas nôtre alors que la connétable elle-même se joignait à ses hommes, ayant décidé personnellement et contre toute attente de participer au dit entrainement orchestré par son lieutenant. Après une courte délibération, il fut convenu de séparer les troupes en plusieurs groupes, dont je n'ai retenu la composition que du mien. Je présente mes confuses les plus sincères, à mes lecteurs comme à mes compagnons de ce jour.

Il y eut plusieurs épreuves. Les premières étaient individuelles, et m'ont tout bonnement empêché de prendre correctement des représentations, puisque votre serviteur participait également aux manoeuvres. Ne pouvant décemment m'arrêter au milieu de la première course qui nous fut proposée, je me contenterais donc d'en narrer les péripéties.

Je regrettais alors mon âge avancé, et mon appétit peut-être un peu trop souligné, quand je me rendis compte que mon souffle ne suivait plus. J'avais beau me donner au mieux, il est des choses qui sont immuables. Je ne me positionnerais pas sur le débat qui pourrait porter sur l'influence plus importante de mon ventre ou de ma vieillesse sur ma faible constitution. Je laisse ces questionnements de la plus haute importance à ceux qui en seront intéressés, mais je préfère pour ma part vous conter l'épreuve suivante.

Il s'agissait cette fois de faire ses preuves dans un autre élément : celui de l'eau. Nous nous dirigions sous les ordres du lieutenant en direction de la rivière chutant depuis les monts aux pieds desquels le bastion de l'Ost Pourpre est battit, avant de courir follement tout le long de la frontière séparant Elwynn de son voisin de l'Ouest, des bois de la pénombre également avant de continuer sur une partie des Carmines, bien plus loin à l'Est, tandis qu'un autre de ses bras se séparait pour aller se prélasser beaucoup plus au Sud, jusqu'en Strangleronce. Nous parvenions près de la rivière tout en commençant à quitter les armures que nous avions revêtu même durant la course, mais qui en l'espèce, pourraient s'avérer mortelles. Je ne connais encore à ce jour personne qui soit capable de nager avec une cotte de maille dont la masse moyenne se tient entre les huit et douze kilogrammes. Je me débrouillais un peu mieux lors de cette épreuve, alors que la Connétable, le Lieutenant mais également le chevalier Grimdor, une aspirante du nom de Kzandra si mes souvenirs sont bons, et deux elfes, dont l'aisance sous l'eau ne m'étonna guère, me donnèrent du fil à retordre pour maintenir mon avancée.

Trempés, nous remontions au bout d'une traversée certaine de la rivière pour revenir près de nos biens, où nous attendaient à notre grande joie quelques serviettes. Le Soleil avait beau tenir le rythme depuis l'aube, un vent malicieux soufflait cependant, et le froid ne manqua pas de nous transir dès lors que nous quittions le lit de la rivière. Une fois séchés et en armures, les ordres furent donnés concernant la suite des évènements. Accompagné de mon groupe constitué des précédents elfes, homme et femme, respectivement Stoh et Ravyn, ainsi que de la postulante de l'époque, une draenei -Kzandra-, je me mis alors en route. Nous avions pour mission de nous rendre à la lisière Est de la forêt d'Elwynn, au camp des bucherons du Val, afin de mener une patrouille de routine. L'astre brulant tapant de plus en plus, j'enfilais un chapeau avant de me mettre en route. Sur le chemin, je tenais alors une conversation forte intéressante avec Stoh, tandis que nos compagne discutaient de leur côté.

 

 

Alors que j'épongeais mon front et dégainait ma montre de gousset aux armoiries Martel-de-Givre, je constatais que, si tant est que nous continuions sur ce rythme, nous ne parviendrons pas de retour à l'heure dite. Il fut convenu à l'unanimité d'accélérer la cadence, au risque de recevoir un blâme à notre retour. Empoignant mon chapeau, je me mis donc à suivre mon groupe qui ne semblait pas connaitre la fatigue des épreuves précédentes. Stoh tenait la cadence terrible et nous galvanisait de ses foulées endiablées. A bout de souffle et dans les temps, nous arrivions enfin au sein du camp des bucherons, trônant au milieu des vals de l'Est. Là, les scies, les piaillements et les bruits reconnaissables entre mille de la taille du bois résonnaient avec force et conviction. Les bucherons travaillaient à une cadence plus folle encore que notre précédente course sous les invectives autoritaires d'une superviseuse gaillarde qui ne semblait pas souffrir la moindre contestation dans ce milieu pourtant majoritairement masculin.

Mais s'intéresser aux tenants et aboutissants du bucheronnage ne faisait pas partie de nos prérogatives. Nous décidions donc de nous séparer en deux plus petits groupes pour nous assurer du bien-être du lieu. Je patrouillais donc en compagnie de Stoh, avec qui je partageais de nouveau quelques mots, avant que nos deux compagnes, Kzandra et Ravyn, ne viennent nous chercher en courant. Selon certains travailleurs, un caïd des environs aurait investi une maison abandonnée et serait suspecté de plusieurs vols dans le camp. Arrivant au lieu dit, nous fûmes fichtrement surpris par un espèce de gamin au sortir de la jeunesse qui, armé d'un tesson et d'une espèce de bock, tenta de nous ferrailler. Inutile de dire que le manant fut promptement et proprement maitrisé, mais il eut le malheur -ou la stupidité- d'invoquer son appartenance contestable à la confrérie Défias. Probablement plus dans le but de nous intimider qu'autre chose, loin s'en fallut alors. Et il fut convenu d'emmener le pauvre bougre à la garde. Coup de bluff ou réalité, il ne nous appartenait pas de statuer sur la véracité des dires du caïd. Nous le ligotions simplement mais fermement alors que fut ordonné le départ vers le bastion.

Accompagnés de notre prisonnier, nous reprîmes la route, sereins mais l'oeil tourné vers le voyou. Le voyage se fit alors sans aucune espèce de péripétie, aussi vous-en épargne-je le récit.

 

Que dire de notre retour ? Ma foi, peu de choses, je le crains. Nous arrivâmes sans problème au bastion, trouvant alors sur la parvis le lieutenant Verminaard accompagné du chevalier Demes. Avec qui nous échangeâmes quelques mots ainsi qu'un rapport de debriefing complet, leur indiquant le pseudo-défias nous accompagnant. Lequel fut pris en charge manu militari par les autorités de l'Ost Pourpre.

Le lieutenant nous félicita simplement, sans plus de fioritures, et nous libéra pour la journée. Saluant mes compagnons du jour, j'acceptais avec joie le verre qu'ils me proposaient. Pour ne repartir qu'une heure plus tard, le corps empli de fatigue et la tête pleine de souvenir.

Signé, Ragthar

Le jeudi 20 septembre 2012

Livre des Souvenirs, tome II

Le devoir de mémoire à quelques choses de délicieux. Plus qu'un devoir, il a quelque chose de respectueux, d'honorifique. La plupart des cultures, aussi vieilles soient-elles, ont toujours pris soin d'immortaliser les plus haut-faits de leurs aïeux. Culturels, scientifiques, sociaux ou martiaux, quel plus grand honneur que de faire perdurer les exploits de nos ancêtres ?

Il est des batailles qui se doivent d'être retenues. Des récits qui ne doivent pas être oubliés. Des contes si épiques que la décence même nous impose de les préserver.
Quel meilleur exemple que l'assaut de l'Ost Pourpre et de ses alliés sur Ulduar ? Quelle meilleure épopée que le siège de l'entrée de la prison du dieu fou ? Quelle plus glorieuse histoire que la coordination et l'entente des soldats ?

En tant qu'écrivain acharné, il est évident que je ne puis décemment laisser les générations futures dans l'ignorance des exploits militaires de cette soirée. Au début comme à la fin de l'assaut, en première ligne comme au volant des formidables engins mécaniques dont nous disposions, l'Ost a su faire preuve d'une discipline remarquable. Et c'est forts de cette qualité que nous vînmes à bout de nos adversaires, il n'y a aucun doute là-dessus.

C'est donc après un voyage des plus redondants et fastidieux -que j'ai la grâce de vous épargner- que, de retour dans ma chambre, alors écuyer, de la tour de garde, j'entrepris la rédaction du :

En première page, en lieu et place des remerciements et autres personnes envers qui il est usage d'indiquer les respects de l'auteur, trône une petite griffe, d'une calligraphie raffinée, suggérant l'habitude des vélins de la part du rédacteur.

"Note de l'auteur :

A l'instar de son prédécesseur, ce recueil est dédié à mes amis de l'Ost Pourpre. Il contient l'immortalisation de la bravoure de ses soldats, de la vaillance de ses alliés et du courage des deux.

A vous, chers amis, j'offre ce témoignage authentique d'une des plus grandes batailles qu'il nous ait été donnée de livrer, sans aucuns doutes dessus.

Puissiez vous toujours aller dans l'honneur."

Après avoir bravé les flots capricieux de l'océan, défié les plaines désolées de la toundra, les neiges de la désolation, après avoir profité du calme de la forêt de cristal, pour ensuite reprendre la route au milieu des cimes éternelles des pics foudroyés, où le malheureux ignorant ne manquera pas, au détour d'une plaine, de se perdre parmi les neiges obscures et les ravins dissimulés, nous parvenons enfin au lieu dit d'Ulduar.

La citadelle ne manque pas d'en impressionner plus d'un. Si vaste qu'elle comble l'horizon, s'élançant fièrement et sans rougir parmi les cieux assombris par les nuages incessants de la région, ses tours, ses bastions et ses donjons défient avec arrogance l'aventurier et le combattant. Nombreux aurait pâlit face à une telle grandeur, et si nous n'étions pas tous transis par le froid mordant qui ceignait alors nos pauvres os glacés, j'aurais été le premier à m'extasier devant une telle oeuvre des Titans.

Mais oubliant un instant mes élans d'historien et de professeur, je me contente alors de m'émitouffler dans lune de ces énormes guimpes que le Capitaine Lamérable avait eu la pertinence de prévoir, rabattant les forures sur mes épaules, tandis que les silhouettes de nos compagnons sortent du blizzard, un peu plus loin. La réunion ne se fait pas attendre, la connétable de Nor Laedro ordonne le rassemblement cependant que le capitaine nous expose la situation, avant de nous expliquer les manoeuvres globales de la soirée. Alors que le froid se fait de plus en plus insoutenable, nous nous réjouissons alors tous d'entendre les officiers lancer l'invasion... Paradoxalement, je me dois de l'avouer. Après avoir récupérer nos effets, armes et baluchons, nous nous rendons alors en ordre en direction des imposantes portes de la citadelle, la boule au ventre. Nous étions alors accompagnés de quelques membres de la confrérie des Hordeux Contrôle, de nos frères Aigles de Wildhammer mais également de quelques vagabonds. Allez savoir comment ces derniers en étaient arrivés là, toujours est-il qu'ils nous offraient leur aide, et que nous l'avons accepté.

Si nous étions tous plein d'entrain, malgré la peur ambiante, de pénétrer les portes d'Ulduar, il s'avère en réalité que la chose fut bien plus difficile dans la pratique. Et ce notamment par le fait qu'aucun type d'escalier ou d'accès ne menait à ces-dernières. Un énorme pont en ruine nous surplombait alors, qui devait servir du temps de ses occupant à accéder à la citadelle. Aujourd'hui impraticable, nous ne parvenons que des dizaines de minutes plus tard à accrocher en son sommet plusieurs grappins, et à improviser un ingénieux système d'ascenseur jusque sur le pont. J'ai toujours voulu rencontrer un titan, on les dit gigantesques et fabuleux. Je dois avouer que ce que j'ai pu voir durant cette soirée a achevé de me convaincre à ce sujet : le pont, large de plusieurs centaines de pieds, s'étendait et disparaissait derrière nous jusque dans le brouillard du blizzard, surplombant un gouffre si profond qu'il ne semblait pas avoir de fin, et s'achevant en son autre extrémité aux pieds de l'entrée de la forteresse tout aussi fantastique.

Alors que nous surgissons du tunnel conduisant à l'intérieur d'Ulduar, je dois avouer que plus d'un en fut époustouflé. Si le lieu semblait gargantuesque d'extérieur, loin s'en fut de la réalité de la chose. Arrivant dans une cour intérieur faramineuse, et vaste d'un espace indécent, nous pouvons apercevoir des dizaines de tours, de forteresses, de donjons ceints de passerelles fantastiques, sur lesquelles trônent des tourelles mécaniques, prêtes à balayer quelque espèce d'attaque que ce soit. Les mots me manquent pour vous donner à voir ce que nous pouvions alors observer, je me contenterais donc de dire que tout semblait sortit de nos rêves les plus fous.

L'ensemble était mystique, des dizaines, que dis-je ! Des centaines de nains de fers nous attendaient de pied ferme, campant fermement leurs positions. Leurs renforts arrivant incessamment par le biais de transport magique implantés à l'intérieur de tours de pierres, et dont le mécanisme semblait alors indestructible.

Et cela aurait bien été le cas d'espèce, si la ligue des Explorateurs ne tenait alors la cour principale, et y avait installé un campement fortifié de magie et de barricades. Heureusement pour nous, Brann Barbe-de-Bronze et sa troupe avait prévu de quoi percer les défense insensées nous barrant alors la route. Les officiers se concertèrent tandis que nous nous préparons à l'assaut imminent. Au bout de quelques minutes, il fut décider de scinder nos troupes en plusieurs groupes d'attaque. Pour ma part, votre serviteur a eu l'honneur d'être placé sous le commandement du chevalier Egmond de Darrow, dans une compagnie répondant au nom d'Hydromel, et alors formée dudit commandant, de moi-même ainsi que de sir Mazdon, dame Velgari et dame Abeline. Je ne connaissais alors pas cette dernière, et ne manquais pas de me présenter en bon gentilnain que je suis, avant que l'assaut ne soit ordonné.

M'entendant quelque peu en matière de mécanique, ou du pilotage tout du moins, je décide alors de prendre le temps d'une révision de dernière minute à l'aide de certains bricoleurs qui ne manquèrent pas de me tenir la langue sur leur labeur. Une fois opérationnel, j'ouvrai la petite écoutille d'accès au poste de conduite, avant de me faufiler au siège de conducteur, cependant que ser De Darrow prenait quant à lui le poste d'artilleur en chef, coordonnant le personnel nous accompagnant dans la manoeuvre de cette merveille d'ingénierie.

Je pense qu'il n'est pas donné à tout le monde de vivre pareil moment, et je suis fichtrement heureux de l'avoir suivi. Un assaut d'une telle ampleur à quelque chose de grisant. Ce petit quelque chose qui vous fait oublier la peur et les affres de la guerre. La défense d'Ulduar s'écrase littéralement sur nos blindages, leurs colosses ne parvenant qu'à nous ralentir et à nous offrir quelques rayures. Seul un démolisseur fut mis en pièce alors qu'il se fit surprendre par un monstre de mécanique, semblable à une arachnide gargantuesque. Mais même cette abomination ne fit de vieux os face aux feux croisés de nos chars, finissant par passer l'arme à gauche, si vous me permettez ce jeu de mot, nous permettant enfin de reprendre notre chemin.

La poudre vole tandis que les obus fusent et explosent, répandant explosions, feu et dévastation. Bien vite, il ne reste que ruines et désolation derrière nous, les barricades en ruine et les forteresse balayées. Nos chars continuent leur oeuvre sous un concerto d'éclats explosifs et de tirs de barrages, de missiles et de crache-flammes. Enfin, la route semble dégagée.

Un répit bienvenu se présente à nous sous la forme d'une pause mandée par nos dirigeants, que nous accueillons avec grand' joie, reposant séant et baluchons à-même le sol pour les plus éreintés. Hélas, ce relâchement est de courte durée, cependant que d'énormes et effrayants fracas métalliques résonnent alentours. Les échos de cette mélodie nous parviennent aux oreilles comme autant de requiems alors que nous en observons la source : une espèce de création de métal et de fusibles, se mouvant naturellement et tenant l'entrée de la citadelle avec fierté, nous provoquant avec une légèreté étonnante. La simple vue de ce colosse ne manque alors pas d'en faire hésiter plus d'un, et c'est grâce à l'éloquence et aux discours du capitaine qui parvient avec une facilité déconcertante à nous remettre du baume au coeur que nous nous élançons dans un cri de guerre à l'encontre du monstre de plaques.

Je crains ne pas entendre grand chose en matière de combat à proprement parler, aussi ma sémantique risquerait d'être insuffisante concernant les exploits martiaux de mes compagnons. C'est pourquoi je passerais ce point, me contentant de vous avouer que la discipline était une fois encore au rendez-vous.

Je puis cependant, pour me faire pardonner cette zone d'ombre, vous détailler la stratégie brillante mise au point. Nous étions alors parvenu à faire venir quelques-un des engins de sièges parmi les plus endommagés avec nous. Ils n'étaient clairement plus en état de défaire la merveille technologique nous faisant face, mais amplement suffisants pour l'endommager ou à défaut détourner son attention. Tandis qu'après avoir bloqué les commandes, les chars vinrent se briser sur les chevilles de métal du colosse, arrachant plaques de protection et nous offrant quelques faiblesses parmi la carlingue du monstre, nous nous élançons directement contre lui. Tranchant et sectionnant câbles, fusibles et engrenages. Le monstre, une fois au sol, tenta bien de nous balayer de ses massifs bras. Heureusement pour nous, la célérité de nos plus grands épéistes vint à notre secours, cependant que la lumière électrique des prunelles de verre de la machine perdait de leur éclat. La victoire est à nous ! Quelques hourras retentissent, tandis que, moi, je me contente de m'asseoir et de reprendre ma respiration.

Mais nous n'avons pas encore fini. Ce n'était là qu'un amuse-bouche, voyez-vous ? Notre but est de joindre les tréfonds de la ville, et nous entendons bien y parvenir. Mais désormais, il ne faudra plus compter que sur notre expertise, l'entrée se faisant au moyen d'un transporteur arcanique personnel des plus impressionnants, je dois en convenir.

Si nous pensions ce tantôt que les défenses de la ville étaient sans limite, nous étions en réalité bien loin du compte. A peine usons-nous du transporteur que nous arrivons face à une véritable marrée de défenseurs en armes, prêts à en découdre. Certes, nous étions nous-même d'un nombre certain, mais nous n'avions alors absolument aucune chance face à une telle armée. Résignés, nous convenons que la citadelle restera aux mains des nains de fers pour quelques moments encore, et décidons d'emprunter de nouveau le transporteur jusqu'en la cour précédente.

Et nous qui pensions notre combat achevé, envisageant déjà un repos bien mérité, nous déchantons bien assez tôt. Là où nous n'avions laissé que débris de machines, reliquats de bastions et ruines de pierre se tient désormais un immense dragon cuirassé, d'une espèce qui m'était alors inconnue, et que je sais aujourd'hui se dénommer "Proto-drake". Revêtant une armure complète d'un métal noir qui aurait dû le maintenir au sol par son poids, nous comprenons vite que cette violation des principes physiques doit résider en ces runes luisantes ornant les plaques des armatures.

La monstruosité nous remarque aussitôt, et se prend le loisir de nous canarder de son souffle ardent, alors que nos plus féroces porte-pavois s'enhardissent de leur courage le plus noble, formant une véritable carapace de leurs écus. Mais cette acte de bravoure ne nous parait alors qu'un simple report d'une mort inévitable. Et je dois avouer que nous devons notre salut à la ligue des explorateurs qui, usant de mousquets et de harpons, parvient à faire chuter le dragon au sol. Nous nous empressons alors de lui offrir notre réponse en le privant de ses runes, le clouant au sol. Grâce à la coordination de nos troupes et des artilleurs nains, nous parvenons à défaire le monstre non sans perte, les crachats de flamme du dragon redoublant de férocité et entamant nos lignes.

L'on nous ordonne alors la fin de l'expédition, tandis que nos arcanistes parmi les plus efficaces s'échinent à stabiliser un portail de transport magique en direction de la capitale d'Hurlevent. Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes d'efforts considérables de la part de plus d'une dizaine de magiciens que la voie est ancrée à notre plan, et qu'une procession commence alors en direction du portail.

Nous parvenons éreintés au sein de la capitale. Nous rendant aux écuries, nous empruntons quelques montures, décidant de nous rendre à notre bastion à la lisière de la forêt d'Elwynn, alors que la plupart de nos compagnons préfèrent loger dans les établissements de la ville, trop éreintés pour rallier le chemin. Et la suite, vous la connaissez : me voilà assis dans ma chambrée, voûté sur mon bureau à vous conter cette aventure.

Signé, Ragthar